Activité physique sur ordonnance

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Conseiller l'activité physique à vos patients : le réflexe santé

Web page - Posted on Nov 05 2019

De nombreux rapports scientifiques le démontrent : l’activité physique (AP) est bénéfique pour la santé de tous. Des outils peuvent vous aider à conseiller à vos patients le niveau d’activité physique qui leur est le plus adapté, en fonction de leur état de santé et de leurs habitude.

 

L’essentiel 

  • L’activité physique est un déterminant majeur de l’état de santé, de la condition physique, de la qualité de vie et du maintien de l’autonomie.
  • Une activité physique réduit les risques de mortalité.
  • Elle diminue l’incidence des pathologies cardiovasculaires, du diabète de type 2, des cancers… Elle améliore les symptômes d’anxiété et de dépression et la qualité du sommeil.

 

Toutes les personnes qui souhaitent commencer une activité physique n’ont pas besoin d’un avis médical préalable. En revanche, il est recommandé pour celles qui envisagent une activité physique d’une intensité au moins modérée (voir infographie ci-dessous).

 

Infographie “Quand envisager une consultation médicale d'activité physique

 

 

Il existe un autoquestionnaire d’aptitude à l’activité physique (Q-AAP+) pour un premier repérage des personnes à risques. Il comprend 7 questions générales sur la santé.

Une évaluation médicale minimale est nécessaire :

– si cet autoquestionnaire est positif (OUI à une question) ;
– si la personne a plus de 45 ans, est inactive ;
– si elle envisage des activités physiques d’intensité très élevée ;
– si l’on suspecte une maladie cardiaque, pulmonaire, métabolique ou rénale.

 

Quels conseils de fréquence et d’intensité d’activité physique donner ?

Pour la plupart des adultes en bonne santé, 150 minutes par semaine d’activité physique d’intensité modérée répartie sur trois à cinq séances sont associées à un taux inférieur de maladies cardiovasculaires et de mortalité prématurée.

Si le volume d’AP est plus important, les bénéfices pour la santé sont supérieurs. Toutefois, chez les patients souffrant de comorbidités, au-delà de 300 min par semaine d’AP d’intensité modérée, les effets bénéfiques supplémentaires deviennent limités, tandis que les risques sanitaires augmentent.

Pour aider votre patient à évaluer l’intensité de son activité physique, plusieurs types d’outils sont disponibles. La mesure de la fréquence cardiaque, avec un cardio-fréquence mètre, peut être utile dans un premier temps pour permettre à ce patient d’associer ses sensations physiques à une zone cible de fréquence cardiaque. Par la suite, vous pourrez lui conseiller de se recentrer sur ses sensations corporelles.

 

Infographie “Aider vos patients à évaluer l'intensité d'une activité physique en endurance

 

 

Existe-t-il des contre-indications à l’activité physique ?

Il existe peu de contre-indications à l’activité physique et elles sont le plus souvent relatives ou temporaires.

Certaines pathologies cardio-vasculaires (CV), respiratoires ou métaboliques peuvent constituer des contre-indications à la pratique d’AP dès lors qu’elle est pratiquée avec une intensité au moins modérée.

  • Risque d’évènements cardiovasculaires graves 
    Les bénéfices pour la santé d’une activité physique régulière sont largement supérieurs aux risques cardiovasculaires (CV) liés à sa pratique.
    Le risque d’évènements CV graves lors d’une AP est plus lié à son intensité qu’à sa fréquence ou à sa durée.
    Le niveau de risque cardiovasculaire doit donc être évalué systématiquement chez tous les patients qui consultent pour des conseils ou une prescription d’activité physique d’intensité au moins modérée.
  • Risque de blessures musculo-squelettiques
    Au niveau recommandé de 30 minutes d’AP d’intensité modérée cinq fois par semaine, les traumatismes musculo-squelettiques sont rares et généralement sans gravité.

 

Comment motiver votre patient ?

Le changement de comportement ne se prescrit pas. C’est pourquoi votre rôle dans l’accompagnement de votre patient vers un changement de mode de vie plus actif et moins sédentaire est fondamental. Vous pouvez pour cela vous aider d’approches cognitives et comportementales, repérer les freins et les leviers, vous appuyer sur les facteurs connus pour motiver à la pratique d’une AP.

Tous les temps d’AP d’intensité au moins modérée, quelle que soit leur durée (même inférieure à 10 minutes) sont à encourager.