Contexte

La Haute Autorité de santé met à disposition des professionnels accompagnant les patients adultes une recommandation de bonne pratique sur la démarche diagnostique et la stratégie thérapeutique des acouphènes invalidants.

L’acouphène correspond à une sensation auditive perçue sans stimulation sonore extérieure  (sifflements, bourdonnements, grésillements…). Il est identifiable par ses caractères sensoriels : localisation, intensité, fréquence et timbre. Il traduit un dysfonctionnement du système auditif et/ou d’autres structures pouvant interférer avec lui. L’acouphène est considéré comme persistant ou chronique s’il est présent depuis au moins 6 mois, qu’il soit intermittent ou constant. Il est considéré comme persistant s’il est présent depuis au moins 6 mois et invalidant s’il affecte la qualité de vie de manière significative.

Il concerne 10 à 19 % des adultes, et 1 à 4 % d’entre eux le considèrent comme gênant au point d’affecter leur qualité de vie ; sa prévalence augmente avec l’âge et la baisse du niveau d’audition. 

Cette recommandation de bonne pratique, élaborée à la suite d’une autosaisine de la HAS. La HAS a évalué des dispositifs d’aides auditives.

Enjeux

En l’absence de parcours de soins coordonné et de consensus sur les stratégies de prise en charge, le recours à un médecin spécialiste est souvent tardif et l’errance diagnostique et thérapeutique peut s’avérer longue, avec des conséquences physiques et psychologiques pour le patient.

L’enjeu principal de cette recommandation est d’améliorer la qualité de prise en charge des patients présentant des acouphènes.

Objectifs

Cette recommandation de bonne pratique a pour objectifs d’aider les professionnels de santé à structurer la démarche diagnostique et à proposer aux patients une stratégie thérapeutique personnalisée, coordonnée et pluriprofessionnelle, afin d’améliorer leur qualité de vie., Plus précisément, elle vise à :

  • préciser les étapes de la démarche diagnostique, dont la place des examens complémentaires, notamment pour le repérage d’une baisse d’audition associée ;
  • proposer des modalités de prise en charge thérapeutique, personnalisées, coordonnées et adaptées à chaque patient.

Public concerné

Cette recommandation de bonne pratique :

  • vise les adultes présentant des acouphènes invalidants et plus largement les associations de patients qui les accompagnent.
  • s’adresse en premier lieu aux médecins généralistes, qui reçoivent la plainte initiale du patient, ainsi qu’aux médecins ORL, sollicités après orientation selon la complexité du diagnostic. Elle concerne également les radiologues, neurologues, gériatres, médecins du travail, psychologues, psychiatres, dentistes, orthodontistes et audioprothésistes.

Principaux messages

  • L’acouphène est considéré comme persistant ou chronique s’il est présent depuis au moins 6 mois, et invalidant s’il affecte de manière significative la qualité de vie et/ou l’état de santé du patient.
  • Le diagnostic repose sur une démarche structurée en plusieurs étapes : anamnèse, examen clinique, évaluation fonctionnelle et examen morphologique (imagerie), complétées si besoin par des questionnaires validés (dont le Tinnitus Handicap Inventory, THI) pour mesurer le retentissement de l’acouphène (gêne ressentie).
  • La recherche de signes de gravité neurologiques, vasculaires ou otologiques doit être systématique, certaines situations nécessitant une prise en charge en urgence.
  • Une consultation de synthèse, dédiée à l’explication de la physiopathologie de l’acouphène et à la présentation des résultats, permet d’élaborer avec le patient un projet thérapeutique personnalisé.
  • La prise en charge thérapeutique est graduée et personnalisée selon le niveau d’audition et de handicap : les thérapies cognitivo-comportementales sont recommandées dans tous les cas, une thérapie sonore par aides auditives peut être proposée en cas de baisse d’audition associée, et l’indication d’un implant cochléaire est réservée à des situations bien définies.
  • D’autres interventions, dont l’efficacité spécifique sur les acouphènes reste à démontrer mais qui ne présentent pas de risque pour la santé (activité physique adaptée, acupuncture, thérapies manuelles…), peuvent être discutées dans le cadre du projet de soins, notamment pour la prise en charge des comorbidités.
  • Une approche pluridisciplinaire est recommandée, en particulier pour les patients présentant des vulnérabilités psychologiques, sociales ou médicales.
  • Les associations de patients et la pair-aidance jouent un rôle complémentaire important, dès la première consultation et tout au long de la prise en charge pour le partage d’informations, un soutien par les pairs, et une vigilance vis-à-vis des pratiques non recommandées.

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