BEYFORTUS (nirsévimab) - Vaccin contre le Virus respiratoire syncytial (VRS) chez le nouveau-né et le nourrisson
Reason for request
L'essentiel
Avis favorable au maintien du remboursement dans la prévention des infections des voies respiratoires inférieures causées par le virus respiratoire syncytial (VRS) chez :
- Les nouveau-nés et les nourrissons pendant leur première saison de VRS ;
- Les enfants jusqu'à l'âge de 24 mois qui demeurent vulnérables à une infection sévère due au VRS au cours de leur deuxième saison de circulation du VRS (voir section 5.1 du RCP).
BEYFORTUS doit être utilisé conformément aux recommandations officielles.
Quel progrès ?
Un progrès thérapeutique dans la prévention des infections des voies respiratoires inférieures dues au VRS chez les nouveau-nés et les nourrissons avec ou sans facteurs de risque et non éligibles au palivizumab, au cours de leur première saison de circulation du VRS.
Pas de progrès dans la prévention des infections des voies respiratoires inférieures graves, dues au VRS, nécessitant une hospitalisation chez les nouveau-nés et les nourrissons à risque élevé d’infection à VRS, et éligibles au palivizumab, au cours de leur première et deuxième saison de circulation du VRS.
Quelle place dans la stratégie thérapeutique ?
La bronchiolite aiguë du nourrisson est une pathologie fréquente qui n’impose que rarement l’hospitalisation.
La prévention des infections à VRS repose en premier lieu sur des mesures barrière de prévention non médicamenteuses, propres à toutes les maladies virales respiratoires, à adopter par tous les adultes et jeunes enfants entourant les nourrissons afin de limiter la transmission du VRS en période épidémique :
- Se laver les mains avant et après contact avec le bébé (notamment au moment du change, de la tétée, du biberon ou du repas) ;
- Limiter les visites au cercle des adultes très proches et non malades, pas de bisous, ni de passage de bras en bras, pas de visite de jeunes enfants avant l’âge de 3 mois ;
- Eviter les lieux très fréquentés et clos (comme les supermarchés, les restaurants ou les transports en commun, surtout si l’enfant a moins de 3 mois) ;
- Aérer quotidiennement au moins 10 minutes par jour le lieu de vie de l’enfant, en particulier dans la chambre où il dort et éviter de fumer à l’intérieur du domicile, en particulier dans la chambre de l’enfant ;
- Porter un masque pour un adulte porteur d’une maladie virale respiratoire.
Chez les nourrissons avec des facteurs de risque, la prise en charge médicale d’une infection à VRS repose principalement sur l’administration d’anticorps monoclonaux : SYNAGIS (palivizumab) et BEYFORTUS (nirsévimab).
Depuis septembre 2023, la stratégie de prévention a été étendue aux nourrissons sans facteur de risque par BEYFORTUS (nirsévimab) dans le cadre d’une campagne d’immunisation passive organisée par les pouvoirs publics pour l’ensemble des nourrissons nés à partir du 6 février 2023 en métropole.
Depuis 2024, deux stratégies de prévention contre les bronchiolites à VRS chez les nouveau-nés et nourrissons sont actuellement disponibles en France : l’immunisation passive par anticorps monoclonaux et la vaccination maternelle.
Population non éligible au SYNAGIS (palivizumab)
La Commission considère que BEYFORTUS (nirsévimab) est une option thérapeutique de première intention dans la prévention des infections des voies respiratoires inférieures dues au VRS chez les nouveau-nés et les nourrissons avec ou sans facteurs de risque et non éligibles au palivizumab, au cours de leur première saison de circulation du VRS. Les facteurs associés à un risque d’hospitalisation plus élevé comprennent des critères de vulnérabilité et environnementaux tels que définis par les recommandations nationales.
Le RCP et le PGR doivent être respectés.
Population éligible au SYNAGIS (palivizumab) selon l’AMM
La Commission considère que BEYFORTUS (nirsévimab) est une option thérapeutique de première intention en alternative au SYNAGIS (palivizumab) dans la prévention des infections des voies respiratoires inférieures graves, dues au VRS, nécessitant une hospitalisation chez les nouveau-nés et les nourrissons à risque élevé d’infection à VRS, et éligibles au palivizumab, au cours de leur première et deuxième saison de circulation du VRS :
- Enfants nés à 35 semaines d’âge gestationnel ou moins et de moins de 6 mois au début de l’épidémie saisonnière à VRS ;
- Enfants de moins de 2 ans ayant nécessité un traitement pour dysplasie bronchopulmonaire au cours des 6 derniers mois ;
- Enfants de moins de 2 ans atteints d’une cardiopathie congénitale hémodynamiquement significative.
Le résumé des caractéristiques du produit (RCP) et le Plan de Gestion des Risques (PGR) doivent être respectés.
Recommandations particulières
La Commission souhaite la poursuite pour les prochaines saisons épidémiques au VRS d’une documentation des échecs liés au BEYFORTUS (nirsévimab) notamment chez les enfants ayant reçu cette prophylaxie et admis dans les services d’urgences en raison d’une infection des voies respiratoires inférieures, ainsi qu’une surveillance virologique des VRS circulants en France (détection de nouvelles souches virales résistantes) par l’intermédiaire du réseau sentinelle des bronchiolites.
La Commission demande la transmission, dès leur publication, des données de suivi du groupement EPI-PHARE en cours d’actualisation, ainsi que de toute nouvelle donnée relative à l’efficacité, à la tolérance et à l’émergence de résistances.
La Commission envisagera la révision de ses avis selon les résultats de ces études.
Clinical Benefit
| Substantial |
Le service médical rendu par BEYFORTUS (nirsévimab) est important dans :
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Clinical Added Value
| minor |
Compte tenu :
la Commission considère que BEYFORTUS (nirsévimab) conserve une amélioration du service médical rendu mineure (ASMR IV) dans la prévention des infections des voies respiratoires inférieures dues au VRS chez les nouveau-nés et les nourrissons avec ou sans facteurs de risque et non éligibles au palivizumab, au cours de leur première saison de circulation du VRS. |
| no clinical added value |
Compte tenu :
la Commission considère que BEYFORTUS (nirsévimab) n’apporte pas une amélioration du service médical rendu (ASMR V) dans la prévention des infections des voies respiratoires inférieures graves, dues au VRS, nécessitant une hospitalisation chez les nouveau-nés et les nourrissons à risque élevé d’infection à VRS, et éligibles au palivizumab, au cours de leur première et deuxième saison de circulation du VRS. |
