Septembre Bouge : la HAS mobilisée pour faire de l’activité physique un réflexe santé
La rentrée sportive est l'occasion de rappeler qu'une activité physique (AP) régulière constitue un déterminant majeur de santé. Depuis de nombreuses années, la Haute Autorité de santé (HAS) publie des recommandations et des outils visant à favoriser son intégration dans les pratiques professionnelles et les parcours de santé, tant en prévention que dans le traitement de nombreuses maladies chroniques. Dans le cadre de l'opération nationale « Septembre Bouge », porté par le ministère chargé des Sports, cet article revient sur l'engagement et les travaux de la HAS qui ont contribué à faire évoluer durablement les places de l'activité physique et des programmes d’activité physique adaptée (APA) dans le système de santé.
Activité physique et santé : des recommandations pour l’intégrer durablement dans la prévention et les soins en santé
La progression des maladies chroniques fait de la lutte contre l’inactivité physique et la sédentarité un enjeu majeur de santé publique. En France, plus de 30 % des adultes n’atteignent pas les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en matière d’activité physique, et le temps passé à des activités sédentaires, en particulier devant des écrans récréatifs, principal concurrent aux AP, est en forte augmentation. Dans ce contexte, l’opération nationale « Septembre Bouge » rappelle l’importance d’inscrire l’activité sous toutes ses formes, dont le sport, dans les activités quotidiennes.
Cette mobilisation fait écho à l’engagement de longue date de la HAS. Depuis 2018, elle produit des guides et des référentiels pour accompagner les professionnels de santé dans la promotion, la consultation et la prescription de programmes d’activité physique adaptée (APA) et plus largement d’activités physiques et sportives à des fins de santé. Ses travaux ont contribué à faire reconnaître le programme d’APA comme une thérapeutique non médicamenteuse validée qui s’intègre aujourd’hui au parcours de soins de nombreuses maladies chroniques.
Consulter le Guide de consultation et de prescription médicale d'activité physique
Un corpus de travaux pour guider les professionnels
Pour soutenir cette évolution des pratiques, la HAS a publié une soixantaine de documents ressources : deux guides pour les adultes accompagné de 21 fiches d’aide à la prescription d’AP et d’APA par pathologie ou état de santé, 27 fiches de synthèse et 19 fiches destinées aux patients, et plus récemment un guide pour les enfants et les adolescents avec une série de focus par pathologie.
Ce travail couvre de nombreuses pathologies pour lesquelles l’APA est reconnue comme une thérapeutique non médicamenteuse et cible des publics variés : les enfants et les adolescents, les adultes, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap et les femmes enceintes et en post-partum.
Elles apportent au médecin les connaissances, les repères et les outils nécessaires à la consultation et à la prescription d’AP et d’APA à des fins de santé, à un accompagnement de son patient tout au long de son parcours de soins et son parcours de vie, et à une collaboration efficace avec les professionnels de l’APA et de l’AP.
Du diabète aux cancers, des bénéfices démontrés
L’AP régulière, en association avec une alimentation adaptée, est le traitement de première intention du diabète de type 2. Ces approches permettent de réduire le recours aux traitements hypoglycémiants oraux et à l’insuline. L’AP régulière d’endurance ou de renforcement musculaire réduit l’insulinorésistance des tissus et améliore l’équilibre glycémique.
L’AP régulière tout au long de la vie réduit les risques de développer un cancer, en particulier du côlon, du sein et de l’endomètre. Chez les patients atteints d’un cancer, elle est associée à une réduction de la mortalité globale, de la mortalité liée au cancer et du risque de récidive pour les cancers du sein, les cancers colorectaux et les cancers de la prostate non métastatiques. L’AP améliore la tolérance aux traitements spécifiques. Elle favorise un retour à son mode de vie antérieur et améliore la qualité de vie. L’AP est le seul traitement de la fatigue en oncologie.
Agir dès l’enfance
Parce que les habitudes de vie se construisent tôt, et que les bénéfices de l’AP commencent dès le plus jeune âge et se prolongent tout au long de la vie, la HAS a récemment publié un guide consacré aux enfants et aux adolescents. Ce guide vise à aider les professionnels à repérer les enfants inactifs et sédentaires à promouvoir les activités physiques et sportives et la réduction de la sédentarité, en particulier devant des écrans récréatifs, et à accompagner les enfants avec leurs parents.
Consulter le Guide activité physique à des fins de santé chez l'enfant et l'adolescent
Faire de l’activité physique un réflexe santé
Avec « Septembre Bouge », dont le point d’orgue est la deuxième édition de la Fête du Sport en ce lundi 14 septembre, la rentrée sportive offre un moment privilégié pour encourager chacun à reprendre ou développer une pratique régulière.
Pour la HAS, l’enjeu dépasse la seule promotion du sport. Face à la progression de l’inactivité (niveau d’activité physique inférieur aux recommandations de l’OMS selon son âge) et des maladies chroniques, il s’agit de promouvoir toutes les formes d’AP : les AP de la vie quotidienne, dont les déplacements actifs, les activités sportives et les jeux actifs chez l’enfant. Il s’agit aussi de donner toute sa place à l’APA, programmes structurés d’exercices tels que définis par la HAS, dans le traitement des maladies chroniques et des facteurs de risque. En mettant à disposition des professionnels des recommandations fondées sur les données scientifiques, la HAS contribue à faire de l’activité physique un véritable outil de santé, adapté aux situations de chacun.
