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Certification – Cliniques & hôpitaux radiographient la V2014

Web page - Posted on Jul 08 2016

La HAS publie les principaux résultats d’une enquête indépendante menée par l’institut Ipsos sur la satisfaction des établissements de santé vis-à-vis de la certification V2014. Si la majorité des participants affiche une perception positive, des pistes d’amélioration sont également esquissées.

 

Tous les quatre ans, la HAS pilote des visites de certification. Objectif : évaluer et améliorer le management de la qualité des soins et de maîtrise des risques des établissements de santé. La quatrième et dernière version en date, baptisée V2014, présente de nouveaux outils et méthodes de visites : compte qualité, audit de processus ou encore patient traceur.

Comment les professionnels des établissements de santé perçoivent-ils ces innovations ? Comment les directeurs, les médecins et responsables qualité évaluent-ils l’outil V2014 ?

Pour répondre à ces questions, la HAS a mandaté l’institut Ipsos pour réaliser une enquête* sur la satisfaction des établissements de santé vis-à-vis de la certification. « Nous bénéficions ainsi d’un regard extérieur et objectif. La satisfaction des établissements de santé est au cœur de nos préoccupations », décrypte le Dr Mounir El Mhamdi, du service certification des établissements de santé de la HAS.

L’enquête répond par ailleurs aux recommandations de l’International Society for Quality in Healthcare.

 

Sentiment de progrès manifeste

Les résultats dessinent une image ambivalente de la certification. Les deux tiers des participants affichent leur satisfaction, estiment que la V2014 améliore la gestion des risques, qu’elle est mobilisatrice (56 %) et valorisante pour les équipes (55 %).

« Ils expriment un sentiment de progrès manifeste sur la culture qualité et sa diffusion au sein des établissements de santé, en particulier sur la prise en charge dans les secteurs à risques, la sécurité des soins ou encore le circuit du médicament et les pratiques professionnelles », se réjouit le Dr El Mhamdi.

En revanche, six répondants sur dix regrettent l’aspect chronophage de la démarche.

Dans le détail, on constate que les éléments les mieux évalués concernent la méthode du patient traceur (7,9 sur 10), la visite de certification (7,1), la restitution orale des experts-visiteurs (7,1), les méthodes d’audit de processus (7), l’intégration des indicateurs dans le cadre de la certification (7).

Le compte qualité obtient une note de 5 sur 10.

 

Préparer la prochaine version

Menée par un organisme indépendant, l’enquête livre tous ses constats, les bons comme les négatifs. La HAS a donc ciblé plusieurs points qui méritent, selon les participants, son attention. Exemples : la qualité des échanges avec la HAS tout au long du processus, la clarté des documents émis par l’organisme, l’outil informatique d'échanges avec les établissements (Sara), les délais d’obtention du rapport de certification, et enfin, l'implication du patient dans sa prise en charge (50 % des participants estiment que la certification ne permet pas de la faire progresser).

« La HAS déploie actuellement un plan d’actions afin de répondre aux enjeux d’améliorations identifiées. Parallèlement, elle renforce l’efficacité et la valeur ajoutée de la procédure de certification avec l’ambition de contribuer aux orientations stratégiques de sa future version », conclut le Dr El Mhamdi.

 

* Enquêtes réalisées en ligne entre septembre 2015 et mars 2016, auprès de 923 répondants exerçant dans des établissements de santé ayant réalisé leur visite de certification entre le 1er janvier 2015 et le 2 mars 2016.

 

Le compte qualité obtient la moyenne

Principale innovation de la V2014, le compte qualité est un document de suivi à long terme de la démarche qualité et de la gestion des risques des établissements. Cet outil est passé au crible par l’enquête Ipsos. A l’instar de la certification dans son ensemble, il bénéficie lui aussi d’une image contrastée. Avec une note de 5 sur 10, le compte qualité est perçu comme un outil de gestion des risques et de dialogue entre la HAS, les experts-visiteurs et les établissements de santé.

Trois répondants sur quatre estiment que le document leur a été utile pour préparer leur visite de certification. Le compte qualité est complémentaire du programme d’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins, et ses thématiques correspondent à la pratique quotidienne des équipes.

Le séquençage tous les deux ans est consensuel. S’il facilite la mise en œuvre de plans d’action sur mesure selon les risques identifiés, il n’en permet pas en revanche un suivi efficace par la suite.

Le compte qualité est également jugé chronophage, compliqué et bureaucratique. Les participants émettent des critiques sur son appropriation, et sur l’outil informatique Sara.

Autant de pistes de travail pour les équipes de la HAS.

 

Des échanges appréciés avec les experts-visiteurs

Depuis 1998, les experts-visiteurs (médecins, pharmaciens, directeurs, soignants et autres cadres hospitaliers) sont chargés de mener les investigations relatives à la certification.

La HAS a souhaité savoir comment leur mission est perçue par les professionnels des établissements de santé. « L’enquête révèle une très bonne perception des échanges avec les experts-visiteurs. Professionnels, climat de confiance et pertinence sont les images mises en avant par les répondants », souligne le Dr Mounir El Mhamdi.

La rencontre d’ouverture avec les experts-visiteurs et leurs bilans journaliers sont les modalités les mieux évaluées. L’élaboration du programme de visite est également appréciée.                                             

 

Article rédigé par Citizen press

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