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Radiologie interventionnelle en ambulatoire

Web page - Posted on Oct 15 2015

La radiologie interventionnelle, qu'elle soit pratiquée à visée diagnostique ou thérapeutique, s'est substituée à beaucoup d'actes de chirurgie conventionnelle. La radiologie interventionnelle (RI) comprend l'ensemble des actes médicaux invasifs et ayant pour but le diagnostic et/ou le traitement et réalisés par les radiologues sous guidage et sous contrôle d'un moyen d'imagerie (rayons X, ultrasons, scanner, imagerie par résonnance magnétique). La ponction percutanée d'organes et de vaisseaux sous le guidage de l'imagerie pour prélever des tissus ou délivrer localement des traitements avec une précision extrême, réduit les risques pour le patient et simplifie largement les suites, rendant possible la réalisation de ces actes lors d'hospitalisations ambulatoires.

L’expérience de la collaboration entre anesthésistes et chirurgiens dans ce domaine est une base de travail très solide, afin d’élaborer une organisation structurée en RI, en tenant compte de ses spécificités.

La RI requiert en effet des niveaux d'environnements techniques spécifiques, l’intégration de l’activité de RI par les équipes préexistantes d’ambulatoire habituées jusqu’alors à gérer quasi-exclusivement une activité chirurgicale (les suites sont différentes), une organisation préthérapeutique robuste essentielle à la sélection des patients pour ce type d'hospitalisation reposant sur la consultation préthérapeutique de radiologie interventionnelle et sur la consultation anesthésique. Le niveau d'environnement technique repose sur la mise à disposition de plateaux techniques dédiés à la radiologie interventionnelle comportant échographes, scanners, salles d'angiographie numérisées et parfois IRM. Il doit être possible également d'accéder au niveau d'aseptie requis pour chaque acte allant de la douche bétadinée, du préchamp à l'utilisation de salles à environnement stérile. Enfin, l'accès à l'analgésie, l'anesthésie locale ou générale est indispensable et doit être programmé en collaboration avec les anesthésistes, dans un esprit collaboratif superposable à celui qui a été développé par la SFAR avec les chirurgiens. Les solutions de recours avec accès aux soins intensifs ou à  l'hospitalisation complète en cas de survenue de complications doivent être toujours possibles et organisées en amont selon des critères stricts et des protocoles validés par tous les intervenants. 

Les spécificités liées aux actes de radiologie interventionnelle sont essentiellement le risque hémorragique (quasi nul pour la pose d'un cathéter et très élevé pour une ponction rénale par exemple) et le risque de complications viscérales sur les organes cibles. Le caractère mini-invasif de la RI rend cependant son déploiement vers l’ambulatoire assez logique. Mais il existe aussi des risques liés aux comorbidités des patients de plus en plus âgés (grade ASA). Ces éléments interviennent dans la sélection et la prise en charge des patients en ambulatoire en plus des critères sociaux habituels (compréhension suffisante de ce qui est proposé, aptitude à observer les prescriptions, disponibilité d’une personne accompagnante, accès au téléphone, éloignement géographique < 1h, …).

Bien que la radiologie interventionnelle (RI) permette de réduire les dépenses de santé par rapport à des techniques conventionnelles, de nombreuses entraves freinent encore la généralisation de l’activité de la RI en ambulatoire. Les établissements de soins se voient dans la difficulté de composer avec les surcoûts liés au matériel dédié ultrasophistiqué, avec des cotations inadaptées des actes CCAM de radiologie interventionnelle ainsi que des groupes homogènes de séjours GHS, voire même des défauts ou des absences de nomenclature pour certains actes. L’ensemble de ces éléments restent à résoudre impérativement afin de favoriser le déploiement effectif et souhaitable l’activité de radiologie interventionnelle vers l’hospitalisation ambulatoire.

Le 16 octobre 2015
Dr Sophie Aufort – Membre de la Fédération de radiologie interventionnelle (FRI)
Pr Hélène Vernhet-Kovacsik – Membre de la Fédération de radiologie interventionnelle (FRI)
Julien-Aymeric Simonnet – Société française de radiologie (FR)

Déclarations d'intérêts
Consultez la déclaration d'intérêt du Dr S. Aufort
Consultez la déclaration d'intérêt du Pr H. Vernhet-Kovacsik
Consultez la déclaration d’intérêt de J.A. Simonnet

Les propos tenus dans cet article sont sous la responsabilité de leurs auteurs.

 

La HAS et l'ANAP publient des recommandations et des outils pour le développement de la chirurgie ambulatoire

La HAS et l'ANAP mettent à disposition des professionnels, des établissements et des Agences Régionales de Santé, des recommandations organisationnelles et une série de guides et d’outils pour les accompagner dans le développement de la chirurgie ambulatoire.
Ces productions, conçues à partir d’études sur sites, avec le concours d’experts, doivent permettre d’augmenter significativement la part de l’activité chirurgicale réalisée en ambulatoire.


Pour en savoir plus, consultez les guides et outils en ligne.