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Exposition environnementale à l’amiante : état des données et conduite à tenir

Communiqué de presse - Mis en ligne le 26 mars 2009
26 mars 2009

Saisie en octobre 2007 par la ministre de la Santé et des Sports, la Haute Autorité de Santé lui remet un rapport sur le risque sanitaire de l’exposition environnementale non professionnelle à l’amiante et sa prise en charge. Il en ressort que le risque de survenue de cancers liés à l’amiante environnemental non professionnel concerne essentiellement les personnes exposées à un niveau intermédiaire fort ou élevé d’amiante. Les personnes exposées à un niveau faible ou intermédiaire faible doivent être rassurées.

Une forte attente de l’opinion publique
Les dangers pour la santé de l’inhalation de poussières d’amiante sont connus depuis le début du siècle dernier, notamment chez les personnes exposées à l’amiante dans le cadre de leur activité professionnelle. Or des pathologies liées à une exposition non professionnelle à l’amiante (pollution de l’environnement intérieur et extérieur) ont été identifiées dans des populations vivant à proximité de sources d’amiante (sites naturels d’affleurement de roches amiantifères, sites industriels d’exploitation de l’amiante, bâtiments contenant de l’amiante, …).

C’est dans ce contexte que la HAS a été saisie par la ministre dans le cadre du Plan national santé environnement.

Rassurer les personnes faiblement exposées
Les conclusions et préconisations de la Haute Autorité de Santé, pour les situations identifiées d’expositions environnementales faibles ou modérées à l’amiante :

  • Les personnes exposées doivent être rassurées ;
  • Le bénéfice médical attendu ne justifie pas d’inquiéter les populations ayant pu être exposées à l’amiante et ne justifie pas non plus de leur faire subir des examens paracliniques de manière répétée dans le cadre d’une campagne de dépistage ;
  • Pour autant, chez les personnes consultant pour une symptomatologie compatible avec une exposition à l’amiante, le médecin traitant recherchera le type d’exposition à l’amiante si aucun autre diagnostic clinique n’est identifiable ;
  • Chez les personnes pour lesquelles une pathologie liée à une exposition environnementale aura été confirmée, il conviendra de mettre en place une prise en charge médicale conforme aux recommandations édictées pour les sujets exposés professionnellement à l’amiante.

Continuer d’investiguer les cas d’exposition environnementale forte
Les expérimentations pilotes de recherche active et de suivi de populations ayant été exposées de manière environnementale à l’amiante doivent être poursuivies. Ces expérimentations, ainsi que les travaux de l’InVS (Institut national de veille sanitaire), pourront permettre de définir les circonstances conduisant à une exposition environnementale forte de la population et de localiser les zones géographiques concernées : populations vivant à proximité d’une zone d’affleurement d’amiante, populations ayant vécu autour des sites de broyage d’amiante ou des mines d’extraction.

Principaux enseignements
Aucune donnée ne permet d’affirmer qu’il existe un seuil d’exposition au-dessous duquel ce risque est nul. Toutefois, l’hypothèse la plus vraisemblable est que le risque sanitaire lié à une exposition environnementale non professionnelle à l’amiante est inférieur au risque lié à l’exposition professionnelle. Ainsi, en l’état actuel des connaissances et des pratiques médicales en France, le risque de survenue de cancers liés à l’amiante concerne essentiellement les personnes exposées à un niveau intermédiaire fort ou élevé d’amiante. ll convient donc de rassurer les personnes ayant été exposées à un niveau faible ou intermédiaire faible.

Complément d’information :
Quand peut-on parler d’exposition environnementale ?

L’exposition environnementale est définie comme une exposition à la pollution de l’air extérieur (environnement extérieur) et à celle de l’air intérieur (environnement ambiant) par des fibres d’amiante à l’exclusion des expositions professionnelles liées à un travail au contact de matériaux contenant de l’amiante. Sont notamment visées les situations suivantes :

Pollution de l’environnement extérieur

  • Site géologique d’affleurement de roches amiantifères qui conduisent à la libération de fibres pouvant migrer à distance du site ;
  • Zone urbaine et/ou rurale polluée : lors d’opérations de démolition ou d’enlèvement d’installations contenant de l’amiante ; dans l’environnement de mines d’amiante ou d’usine de broyage d’amiante ; lié au trafic routier notamment à l’usure du revêtement routier contenant de l’amiante.

Pollution de l’environnement intérieur

  • Exposition paraprofessionnelle passive ou exposition “intramurale“ à de l’amiante en suspension dans l’air, soit du fait de la dégradation de bâtiments qui en contenaient (exemple : flocage), soit du fait d’interventions sur ceux-ci.
  • • Exposition domestique par contact avec les vêtements de travail du conjoint et/ou conjointe (dont l’activité professionnelle les amenait à intervenir sur des matériaux contenant de l’amiante) ou des objets ménagers contenant de l’amiante (planche à repasser, panneaux isolants, grille-pain, appareils de chauffage mobile).
  • Exposition liée aux activités de bricolage (changement de garnitures de freins, construction d’un abri de jardin en fibrociment, changement de joints contenant de l’amiante pour un four de cuisine, une gazinière, une cheminée…).

Quelles sont les données françaises issues des observations environnementales ?
Les professionnels de santé s’accordent sur le fait qu’il est, en 2008, impossible de proposer des estimations de risque pour la santé associé aux expositions environnementales à l’amiante pour la population française, qui permettraient de prédire des risques à venir, sur la base de données d’exposition à l’échelle populationnelle.

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