BPCO : diagnostic et prise en charge

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BPCO : limiter son impact sur la vie socioprofessionnelle

Web page - Posted on Jan 31 2020

La BPCO peut avoir un impact important sur la vie sociale et professionnelle du patient. Une évaluation médicale et médico-sociale de ses besoins est indispensable pour adapter son cadre de vie et atténuer les contraintes liées à la maladie.

 

L’essentiel

  • Une évaluation médico-sociale du patient atteint de BPCO intègre une analyse de son mode de vie, de son environnement socioprofessionnel et de ses besoins psychologiques et sociaux (assistance à domicile).
  • Il est conseillé d’évaluer aussi les besoins et les ressources de la personne aidante.

 

Quels éléments de la vie socioprofessionnelle prendre en compte dans l’évaluation médicale et médico-sociale des patients atteints de BPCO ?

  • le niveau de dépendance au tabac, voire au cannabis, la volonté de sevrage ;
  • l’impact de l’environnement sur les symptômes ;
  • le retentissement de la dyspnée et des autres symptômes sur les activités quotidiennes, sociales et professionnelles ;
  • les attentes, les motivations au changement du patient, ses capacités à modifier son mode de vie, les freins psychologiques à une prise en charge efficace ;
  • le mode de vie (seul ou accompagné), le lieu de vie (domicile, établissement médico-social) ;
  • les contraintes professionnelles (l’avis du service de santé au travail peut être sollicité) ;
  • la présence d’un aidant et ses caractéristiques (âge, disponibilité, proximité, …) ;
  • le besoin d’aide à domicile pour la vie quotidienne : vous pourrez proposer à votre patient de faire appel à un assistant de service social qui l’orientera vers les services adaptés : service d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD), service de soins infirmiers à domicile (SSIAD), service polyvalent d’aide et de soins à domicile (SPASAD), service d’accompagnement à la vie sociale (SAVS), centre local d’information et de coordination gérontologique (CLIC).

Pour les patients âgés, une évaluation gérontologique avec évaluation des fonctions cognitives, de l’autonomie et de l’état nutritionnel peut être nécessaire.

 

Plan personnalisé de type Paerpa

Dans certaines régions, un dispositif est disponible pour les personnes âgées de plus de 75 ans à risque de perte d’autonomie (Paerpa) : un plan personnalisé de santé (PPS) peut, si nécessaire, être élaboré par le médecin traitant en collaboration avec le pneumologue.

Consulter le guide maladie chronique Plan personnalisé de santé (PPS) PAERPA
Consulter l'article Le plan personnalisé de santé : un outil pour un parcours de soins coordonné du patient âgé fragile


Et pour la personne aidante ?

Il est conseillé d’évaluer, avec la personne aidante, ses besoins, ainsi que les ressources nécessaires à son accompagnement, au bénéfice du patient.

 

La BPCO peut-elle être reconnue comme maladie professionnelle ?

La prise en charge au titre d’une maladie professionnelle est possible. Les travailleurs dans le secteur minier (exposition à la silice, au charbon, au fer) dans le bâtiment et les travaux  publics (gaz et poussières), la fonderie et la sidérurgie (particules minérales, gaz ou fumées), l’industrie textile, ou certains métiers agricoles sont à risque de BPCO. Le médecin généraliste, le pneumologue ou le médecin du travail peuvent réaliser le certificat initial de déclaration de maladie professionnelle, en tenant compte de la levée du secret médical car le certificat (sur lequel est inscrite la pathologie) est transmis à l’employeur.

 

La BPCO fait-elle partie des ALD ?

Sont admises au titre des affections de longue durée (ALD) :

  • les BPCO avec PaO2 < 60 mmHg et/ ou PaCO2 > 50 mmHg à distance d'un épisode aigu ;
  • les BPCO lorsque le VEMS, mesuré dans de bonnes conditions techniques, est inférieur à 50 % des valeurs théoriques.

L’exonération initiale est accordée pour une durée de dix ans, renouvelable.

 

Rédaction Arielle Fontaine (HAS) & Citizen press