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COVID-19 : les tests salivaires peuvent compléter les tests nasopharyngés chez les personnes symptomatiques

Press release - Posted on Sep 18 2020
September 18, 2020

La HAS rend aujourd’hui un avis sur l’utilisation des tests virologiques (RT-PCR) sur prélèvement salivaire. Leur intérêt est de faciliter les prélèvements, de réduire les risques de contamination du personnel soignant et d’être moins désagréables pour les patients. Les données disponibles montrent que le prélèvement salivaire est un peu moins sensible que le prélèvement nasopharyngé pour détecter le virus chez les personnes symptomatiques. Etant donné leur meilleure acceptabilité, la HAS est favorable à leur recours et leur remboursement, en l’orientant de préférence vers les personnes symptomatiques pour lesquelles le prélèvement nasopharyngé est difficile voire impossible. En revanche, elle ne les recommande pas pour les personnes asymptomatiques, chez qui ils sont très peu performants.

L’épidémie de COVID-19 continue sa progression et l’organisation des tests fait face aujourd’hui à des difficultés. De nouveaux types de tests voient peu à peu le jour et permettent d’envisager deux voies d’amélioration : faciliter le prélèvement et faciliter l’analyse des échantillons recueillis. Pour faciliter le prélèvement, la salive pourrait être une alternative. Le prélèvement salivaire est réalisé par crachat simple, par crachat bronchique ou par pipetage de la salive. La HAS rend aujourd’hui un avis sur les tests virologiques sur ces prélèvements  . Elle mène également des travaux sur de nouvelles modalités d’analyse sur lesquelles elle se prononcera prochainement (tests antigéniques notamment) Dans les deux cas, il s’agit d’évaluer, sur la base des données scientifiques disponibles, la fiabilité des tests et d’examiner s’ils peuvent être intégrés au diagnostic et au dépistage de la COVID-19, dans quelles conditions et pour quelles populations.

Des prélèvements plus acceptables

Aujourd’hui la HAS rend un avis favorable à l’utilisation et au remboursement des tests salivaires suivie d’une amplification par RT-PCR pour le diagnostic des patients symptomatiques dont les symptômes sont apparus depuis moins de sept jours, qui ne sont pas hospitalisées. La HAS recommande d’orienter l’usage de ces tests vers les personnes pour lesquelles l’acceptabilité du test nasopharyngé est aujourd’hui la plus faible (enfants, personnes âgées, personnes présentant des troubles psychiatriques) ou chez qui le test sur prélèvement nasopharyngé est contre-indiqué. Pour tous les autres cas, et notamment les personnes asymptomatiques, la détection du génome du virus SARS-CoV-2 sur prélèvement nasopharyngé reste le test de référence pour le diagnostic et le dépistage de l’infection à SARS-CoV-2 compte tenu de sa meilleure efficacité.

Cet avis a été rendu à partir de l’analyse des études disponibles, et notamment des résultats préliminaires de l’étude COVISAL, qui a bénéficié d’un forfait innovation  et démarré en août. Ces positions seront susceptibles d’être revues ou précisées en fonction des résultats définitifs de l’étude COVISAL ou d’autres données issues d’études cliniques de même niveau de preuve que COVISAL (dont l’étude SALMICOV actuellement en cours et promue par le Service de santé des armées) ;

La place des tests virologiques sur prélèvement salivaire dépendra également de la place des tests antigéniques dans la stratégie diagnostique et de dépistage. Ils sont actuellement en cours d’évaluation par la HAS.

Des tests ne pouvant pour l’instant pas se substituer aux nasopharyngés

L’enjeu des travaux est de déterminer si utiliser la salive comme mode de prélèvement offre une aussi bonne fiabilité que lorsqu’on fait le test de référence, le nasopharyngé.

L’étude des données scientifiques, a permis de déterminer la fiabilité de ces tests. Réalisée sur des personnes symptomatiques, leur sensibilité est inférieure à celle des tests nasopharyngés. Toutefois, cela peut être acceptable pour certaines situations, où cette perte de sensibilité peut être compensée par un nombre accru de tests réalisés ou relativisée par l’acceptabilité du test. Par ailleurs, l’étude COVISAL a révélé de très faibles performances du test sur les personnes asymptomatiques : 3 cas sur 4 n’étaient pas détectés. Compte tenu de ces données rapportant une très faible sensibilité, le recours aux prélèvements salivaires n’est pas indiqué en situation de dépistage pour les personnes asymptomatiques.

La HAS tient à rappeler l’importance que chacun respecte les mesures barrières pour lutter contre l’épidémie.