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Covid-19 : quelle stratégie de vaccination face aux variants du SARS-CoV-2 ?

Press release - Posted on Apr 09 2021
April 9, 2021

L’émergence de variants du SARS-CoV-2 en France fait l’objet d’une surveillance attentive. L’enjeu est de pouvoir garantir l’efficacité vaccinale sur l’ensemble du territoire. La HAS fait le point sur l’état des connaissances relatives à l’efficacité des vaccins disponibles contre les différents variants. Les vaccins disponibles sont efficaces contre les variants représentant la très grande majorité des cas au niveau national. Dans certains territoires spécifiques, la HAS recommande la poursuite des mesures locales mises en place.

Note aux lecteurs : ce communiqué de presse a été modifié le 15 avril 2021 suite à une erreur concernant la prévalence du variant brésilien en Guyane.

La stratégie vaccinale contre la Covid-19 a été définie alors que la forme “historique” du SARS-CoV-2 circulait majoritairement en France. L’arrivée de variants de ce virus – plus contagieux ou plus létaux selon les cas – a conduit les autorités à mettre en place, dès le début du mois de mars, des adaptations locales de cette stratégie, dans un nombre limité de départements.
Dans ce contexte, la HAS a réalisé une revue des données disponibles relatives à l’efficacité des différents vaccins contre les variants identifiés sur le territoire français, afin d’évaluer, pour le mois d’avril, la nécessité d’une adaptation de la stratégie vaccinale.
Quatre variants sont présents sur le territoire national : le variant dit « anglais » (B.1.1.7), le variant dit « sud-africain » (B.1.351), le variant dit « brésilien » (P1), ainsi que le variant B.1.1.7 ayant acquis la mutation E484K.
Depuis plusieurs semaines, c’est le variant anglais qui est majoritaire en France. Les données de la littérature des quatre vaccins disponibles, à savoir Comirnaty® de Pfizer/BioNTech, ARNm-1273® de Moderna, AstraZeneca rebaptisé Vaxzevria et Janssen, suggèrent qu’ils restent actifs contre le variant anglais. Pour la HAS, la stratégie vaccinale en vigueur reste par conséquent pertinente. Les variants détectés en Afrique du Sud et au Brésil, bien que très minoritaires en France, ont une présence significative dans un nombre limité de territoires depuis plusieurs semaines. En détail : le variant sud-africain a une prévalence de l’ordre de 35% en Moselle, de 20% à Mayotte et de 57,5% à la Réunion depuis plusieurs semaines.  Le variant brésilien, lui, est significativement présent en Guyane avec une prévalence de 61,4%.

 

Les mesures locales mises en place doivent être poursuivies

La présence des variants sud-africain et brésilien ainsi que le contexte d’approvisionnement en vaccins amènent la HAS à confirmer l’intérêt des dispositions d’approvisionnement spécifiques mises en place dans ces quatre territoires.
Ainsi, en Outre-Mer (Guyane, Mayotte et La Réunion) où les variants sud-africain ou brésilien représentent près de la moitié des cas et où la fourniture d’un seul type de vaccins est favorisée par les contraintes logistiques, la HAS recommande la poursuite de la stratégie déjà mise en place avec l’utilisation exclusive des vaccins à ARNm.

En Moselle, dans un contexte où le variant sud-africain est significativement présent mais sans augmentation de sa prévalence au cours des quatre dernières semaines, la HAS recommande, à ce stade, de continuer à privilégier l’accès aux vaccins pour lesquels on dispose de données en faveur du maintien d’un niveau élevé d’efficacité contre le variant sud-africain. Il s’agit des vaccins Comirnaty® (BioNTech/Pfizer) et ARNm-1273® (Moderna), d’une part et du vaccin Janssen, d’autre part, dès lors qu’il sera disponible.
Pour tous ces vaccins, la HAS recommande la mise en place, dans ce département, d’un accès aux professionnels autorisés à la vaccination en ville.

Dans le reste du territoire national, la proportion du variant sud-africain reste systématiquement inférieure à 20%. La HAS considère que cela ne justifie pas d’y mettre en place, à ce stade, une stratégie différenciée de recours aux vaccins.

Cet avis sera revu en fonction des données de prévalence des principaux variants circulant en France et de la disponibilité et des caractéristiques des différents vaccins disponibles.