BEYFORTUS (nirsévimab) - Vaccin contre le Virus respiratoire syncytial (VRS) chez le nouveau-né et le nourrisson

Opinions on drugs - Posted on Jul 20 2026

Reason for request

Réévaluation SMR et ASMR

L'essentiel

Avis favorable au maintien du remboursement dans la prévention des infections des voies respiratoires inférieures causées par le virus respiratoire syncytial (VRS) chez :

  • Les nouveau-nés et les nourrissons pendant leur première saison de VRS ;
  • Les enfants jusqu'à l'âge de 24 mois qui demeurent vulnérables à une infection sévère due au VRS au cours de leur deuxième saison de circulation du VRS (voir section 5.1 du RCP).

BEYFORTUS doit être utilisé conformément aux recommandations officielles.

 

Quel progrès ?

Un progrès thérapeutique dans la prévention des infections des voies respiratoires inférieures dues au VRS chez les nouveau-nés et les nourrissons avec ou sans facteurs de risque et non éligibles au palivizumab, au cours de leur première saison de circulation du VRS.

Pas de progrès dans la prévention des infections des voies respiratoires inférieures graves, dues au VRS, nécessitant une hospitalisation chez les nouveau-nés et les nourrissons à risque élevé d’infection à VRS, et éligibles au palivizumab, au cours de leur première et deuxième saison de circulation du VRS.

 

Quelle place dans la stratégie thérapeutique ?

La bronchiolite aiguë du nourrisson est une pathologie fréquente qui n’impose que rarement l’hospitalisation.

La prévention des infections à VRS repose en premier lieu sur des mesures barrière de prévention non médicamenteuses, propres à toutes les maladies virales respiratoires, à adopter par tous les adultes et jeunes enfants entourant les nourrissons afin de limiter la transmission du VRS en période épidémique :

  • Se laver les mains avant et après contact avec le bébé (notamment au moment du change, de la tétée, du biberon ou du repas) ;
  • Limiter les visites au cercle des adultes très proches et non malades, pas de bisous, ni de passage de bras en bras, pas de visite de jeunes enfants avant l’âge de 3 mois ;
  • Eviter les lieux très fréquentés et clos (comme les supermarchés, les restaurants ou les transports en commun, surtout si l’enfant a moins de 3 mois) ;
  • Aérer quotidiennement au moins 10 minutes par jour le lieu de vie de l’enfant, en particulier dans la chambre où il dort et éviter de fumer à l’intérieur du domicile, en particulier dans la chambre de l’enfant ;
  • Porter un masque pour un adulte porteur d’une maladie virale respiratoire.

Chez les nourrissons avec des facteurs de risque, la prise en charge médicale d’une infection à VRS repose principalement sur l’administration d’anticorps monoclonaux : SYNAGIS (palivizumab) et BEYFORTUS (nirsévimab).

Depuis septembre 2023, la stratégie de prévention a été étendue aux nourrissons sans facteur de risque par BEYFORTUS (nirsévimab) dans le cadre d’une campagne d’immunisation passive organisée par les pouvoirs publics pour l’ensemble des nourrissons nés à partir du 6 février 2023 en métropole.

Depuis 2024, deux stratégies de prévention contre les bronchiolites à VRS chez les nouveau-nés et nourrissons sont actuellement disponibles en France : l’immunisation passive par anticorps monoclonaux et la vaccination maternelle.

 

Population non éligible au SYNAGIS (palivizumab)

La Commission considère que BEYFORTUS (nirsévimab) est une option thérapeutique de première intention dans la prévention des infections des voies respiratoires inférieures dues au VRS chez les nouveau-nés et les nourrissons avec ou sans facteurs de risque et non éligibles au palivizumab, au cours de leur première saison de circulation du VRS. Les facteurs associés à un risque d’hospitalisation plus élevé comprennent des critères de vulnérabilité et environnementaux tels que définis par les recommandations nationales.

Le RCP et le PGR doivent être respectés.

 

Population éligible au SYNAGIS (palivizumab) selon l’AMM

La Commission considère que BEYFORTUS (nirsévimab) est une option thérapeutique de première intention en alternative au SYNAGIS (palivizumab) dans la prévention des infections des voies respiratoires inférieures graves, dues au VRS, nécessitant une hospitalisation chez les nouveau-nés et les nourrissons à risque élevé d’infection à VRS, et éligibles au palivizumab, au cours de leur première et deuxième saison de circulation du VRS :

  • Enfants nés à 35 semaines d’âge gestationnel ou moins et de moins de 6 mois au début de l’épidémie saisonnière à VRS ;
  • Enfants de moins de 2 ans ayant nécessité un traitement pour dysplasie bronchopulmonaire au cours des 6 derniers mois ;
  • Enfants de moins de 2 ans atteints d’une cardiopathie congénitale hémodynamiquement significative.

Le résumé des caractéristiques du produit (RCP) et le Plan de Gestion des Risques (PGR) doivent être respectés.

 

Recommandations particulières

La Commission souhaite la poursuite pour les prochaines saisons épidémiques au VRS d’une documentation des échecs liés au BEYFORTUS (nirsévimab) notamment chez les enfants ayant reçu cette prophylaxie et admis dans les services d’urgences en raison d’une infection des voies respiratoires inférieures, ainsi qu’une surveillance virologique des VRS circulants en France (détection de nouvelles souches virales résistantes) par l’intermédiaire du réseau sentinelle des bronchiolites.

La Commission demande la transmission, dès leur publication, des données de suivi du groupement EPI-PHARE en cours d’actualisation, ainsi que de toute nouvelle donnée relative à l’efficacité, à la tolérance et à l’émergence de résistances.

La Commission envisagera la révision de ses avis selon les résultats de ces études.


Clinical Benefit

Substantial

Le service médical rendu par BEYFORTUS (nirsévimab) est important dans :

  • la prévention des infections des voies respiratoires inférieures dues au VRS chez les nouveau-nés et les nourrissons avec ou sans facteurs de risque tels que définis par les recommandations nationales, et non éligibles au palivizumab, au cours de leur première saison de circulation du VRS,
  • l’indication de l’AMM dans la prévention des infections des voies respiratoires inférieures graves, dues au VRS, nécessitant une hospitalisation chez les nouveau-nés et les nourrissons à risque élevé d’infection à VRS, et éligibles au palivizumab, au cours de leur première et deuxième saison de circulation du VRS :

    • Enfants nés à 35 semaines d’âge gestationnel ou moins et de moins de 6 mois au début de l’épidémie saisonnière à VRS ;
    • Enfants de moins de 2 ans ayant nécessité un traitement pour dysplasie bronchopulmonaire au cours des 6 derniers mois ;
    • Enfants de moins de 2 ans atteints d’une cardiopathie congénitale hémodynamiquement significative.

Clinical Added Value

minor

Compte tenu :

  • du besoin médical de prévention des infections des voies respiratoires inférieures causées par le VRS (IVRI-VRS) chez les nouveau-nés et nourrissons, notamment en termes de réduction des hospitalisations et des complications associées ;
  • des données déjà prises en compte par la Commission de la Transparence (avis de la CT du 19 juillet 2023 et du 23 octobre 2024) :
    • la démonstration d’une supériorité du nirsévimab (BEYFORTUS) par rapport au placebo chez des sujets à faible risque, en termes de réduction de l’incidence des IVRI-VRS dans les 150 jours suivant l’administration, avec une réduction relative du risque statistiquement significative dans les études de phase IIb (2,6 % versus 9,5 %, soit une RRR versus placebo = 70,1 % [52,3 ; 81,2], et de phase III MELODY (1,2 % versus 5,0 % (25/496), RRR versus placebo = 74,5 % [49,6 ; 87,1]) ;
    • un effet attendu sur les hospitalisations liées au VRS mais avec des résultats hétérogènes (significatif en phase IIb, non significatif dans MELODY) ;
    • le résultat de l’étude pragmatique HARMONIE, en ouvert, suggérant une réduction des hospitalisations versus sans intervention (0,3 % versus 1,6 %, RRR = 84,0 % [69,5 ; 92,4]) ;
    • un profil de tolérance du nirsévimab (BEYFORTUS) marquée par des événements indésirables (EI) majoritairement de grade 1–2 (légers à modérés), de type infections des voies respiratoires supérieures, rhinopharyngites, pyrexies ou gastroentérites, et des EI d’intérêt particulier tels que des éruptions cutanées rapportés dans les études cliniques et en cohérence avec les mentions figurant dans le RCP, ainsi que de l’absence de risque important identifié ou potentiel dans le cadre de son PGR européen à ce jour ;
    • l’utilisation en monothérapie et de la longue demi-vie du nirsévimab pouvant faire craindre la sélection de variants résistants (cf. rubrique 5.1 Propriétés pharmacologiques du RCP) ;
    • la simplicité de son utilisation par une administration intramusculaire en dose unique (demi-vie longue du nirsévimab) ;
    • des données observationnelles françaises (études cas-témoins), suggérant une réduction relative du risque d’hospitalisation pour bronchiolite à VRS comprise entre 73 % [61 ; 84] et 83,0 % [73,4 ; 89,2] en faveur du nirsévimab (étude de l’Institut Pasteur et ENVIE) et une réduction relative du risque de cas de bronchiolite à VRS admis en unité de soins intensifs de 75,9 % [48,5 ; 88,7] (étude de Santé Publique France) ;
  • des nouvelles données observationnelles internationales et françaises issues du Système National des Données de Santé (SNDS), suggérant une différence sur les hospitalisations pour IVRI-VRS en faveur du BEYFORTUS (nirsévimab) versus ABRYSVO (vaccin du virus respiratoire syncytial (bivalent, recombinant)) avec une réduction relative du risque de 22 % dans l’étude Valtuille 2026 et de 26 % dans l’étude EPI-PHARE – Jabagi 2026 ; bien que faible en termes de réduction absolue du risque dans les deux études, respectivement de -0,13 % et de -0,3 % ;
  • de l’absence de données robustes portant sur des critères de gravité (durée d’hospitalisation, recours aux soins intensifs, mortalité),
  • du manque de recul sur l’impact à long terme (sur plusieurs saisons) concernant l’évolution des infections des voies respiratoires dans les populations traitées lors de leurs premières années de vie, et la réduction des complications liées au VRS ;

la Commission considère que BEYFORTUS (nirsévimab) conserve une amélioration du service médical rendu mineure (ASMR IV) dans la prévention des infections des voies respiratoires inférieures dues au VRS chez les nouveau-nés et les nourrissons avec ou sans facteurs de risque et non éligibles au palivizumab, au cours de leur première saison de circulation du VRS.

no clinical added value

Compte tenu :

  • du besoin médical partiellement couvert dans la prévention IVRI-VRS chez les nouveau-nés et les nourrissons ;
  • des données déjà examinées par la Commission de la Transparence (avis de la CT du 19 juillet 2023 et du 23 octobre 2024) :
    • l’absence de démonstration d’une supériorité ou d’une non-infériorité du nirsévimab par rapport au palivizumab (comparateur cliniquement pertinent chez les nourrissons à risque élevé de forme grave) en termes d’efficacité clinique alors que cette comparaison est possible ;
    • les données cliniques limitées chez les patients éligibles au palivizumab reposant sur l’étude MEDLEY dont l’objectif était de déterminer le profil de sécurité et de pharmacocinétique du nirsévimab par rapport au palivizumab chez les nourrissons à haut risque (prématurés ou ayant une maladie pulmonaire chronique ou une cardiopathie congénitale hémodynamiquement significative) ;
    • l’efficacité du nirsévimab chez les nourrissons à plus haut risque d’infection sévère par le VRS extrapolée à partir de l’efficacité du nirsévimab dans les études D5290C00003 et MELODY (cohorte primaire) sur la base de l’exposition pharmacocinétique ;
    • le profil de tolérance du nirsévimab, après une première et/ou une deuxième saison d’exposition au VRS, considéré comme acceptable et comparable à celui du palivizumab ; les effets indésirables étaient majoritairement de grade 1–2 (légers à modérés), principalement infections ORL, rhinopharyngite, fièvre et gastroentérite, avec des éruptions cutanées conformes au RCP ; avec cependant, une fréquence plus élevée d’EI graves dans les groupes exposés au nirsévimab : 12,8 % (NIRS/NIRS) et 10,0 % (PALI/NIRS) versus 4,8 % (PALI/PALI) dans l’étude MEDLEY ;
    • l’absence de données robustes sur des critères de gravité (durée d’hospitalisation, recours aux soins intensifs, mortalité) ;
    • l’utilisation en monothérapie et de la longue demi-vie du nirsévimab pouvant faire craindre la sélection de variants résistants (cf. rubrique 5.1 Propriétés pharmacologiques du RCP) ;
    • la simplicité de son utilisation par une administration intramusculaire en dose unique (demi-vie longue du nirsévimab) ;
  • de l’absence de nouvelles données permettant d’étayer un impact dans cette population d’intérêt ;

la Commission considère que BEYFORTUS (nirsévimab) n’apporte pas une amélioration du service médical rendu (ASMR V) dans la prévention des infections des voies respiratoires inférieures graves, dues au VRS, nécessitant une hospitalisation chez les nouveau-nés et les nourrissons à risque élevé d’infection à VRS, et éligibles au palivizumab, au cours de leur première et deuxième saison de circulation du VRS.


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