KEYTRUDA (pembrolizumab) - Carcinome épidermoïde de la tête et du cou
Nature de la demande
L'essentiel
Avis favorable au remboursement uniquement dans l’indication suivante « en monothérapie en traitement néoadjuvant, poursuivi en traitement adjuvant en association à une radiothérapie avec ou sans cisplatine concomitant puis en monothérapie chez les patients adultes atteints d’un carcinome épidermoïde de la tête et du cou, à l’exception de l’hypopharynx, localement avancé résécable dont les tumeurs expriment PD-L1 avec un CPS ≥ 1 ».
Avis défavorable au remboursement dans les autres situations couvertes par l’indication AMM.
Quel progrès ?
Un progrès thérapeutique par rapport à l’association radiothérapie +/- cisplatine en post-opératoire.
Quelle place dans la stratégie thérapeutique ?
Dans le périmètre de remboursement
La prise en charge des cancers des voies aérodigestives supérieures (VADS) localement avancés résécables repose sur une stratégie multimodale combinant chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie. Ainsi plusieurs stratégies thérapeutiques peuvent être proposées dépendant de l’opérabilité du patient et de la localisation de la tumeur.
La décision de proposer un acte chirurgical doit être validée en réunion de concertation pluridisciplinaire et doit tenir compte de facteurs humains et techniques.
Le traitement à visée curative des patients atteints d’un cancer des VADS localement avancés résécables et pour lesquels une chirurgie est préconisée d’emblée est un traitement adjuvant dont les modalités dépendent des facteurs histo-pronostiques de la tumeur : à savoir un protocole de radiothérapie avec ou sans cisplatine concomitant.
A noter que pour les patients n’ayant pas d’indication chirurgicale d’emblée et pour lesquels une préservation d’organe est préconisée ou une chirurgie serait trop mutilante, d’autres options thérapeutiques existent telles que la radio-chimiothérapie concomitante seule (traitement standard des approches non chirurgicales) ou une chimiothérapie d’induction.
Place de KEYTRUDA (pembrolizumab) dans la stratégie thérapeutique :
Sur la base des résultats de l’étude KEYNOTE-689, KEYTRUDA (pembrolizumab) en monothérapie en traitement néoadjuvant et pour la phase adjuvante, en association à la radiothérapie +/- cisplatine puis en monothérapie a démontré sa supériorité par rapport à la radio-chimiothérapie post-opératoire seule chez les patients adultes atteints d’un carcinome épidermoïde de la tête et du cou, à l’exception de l’hypopharynx, localement avancé résécable dont les tumeurs expriment PD-L1 avec un CPS ≥ 1 en termes de survie sans événement et de taux de réponse histologique majeure.
KEYTRUDA (pembrolizumab), en monothérapie en traitement néoadjuvant, poursuivi en traitement adjuvant en association à une radiothérapie avec ou sans cisplatine concomitant puis en monothérapie est un traitement de première intention chez les patients adultes atteints d’un carcinome épidermoïde de la tête et du cou, à l’exception de l’hypopharynx, localement avancé résécable dont les tumeurs expriment PD-L1 avec un CPS ≥ 1 par rapport à la radiothérapie +/- cisplatine en adjuvant.
En situation adjuvante en monothérapie, la durée maximale de traitement KEYTRUDA (pembrolizumab) indiquée dans le RCP est de 12 cycles de 200 mg (toutes les 3 semaines) ou 6 cycles de 400 mg (toutes les 6 semaines).
Aucune donnée n’est disponible dans le cancer nasopharyngé, des sinus, des autres cavités paranasales, ou tumeurs d'origine inconnue qui étaient des critères de non-inclusion de l’étude KEYNOTE-689.
Dans le périmètre inclus dans l’AMM mais non retenu pour le remboursement
Compte tenu des incertitudes soulevées par les données disponibles à ce jour dans la sous-population des patients atteints d’un cancer de l’hypopharynx, KEYTRUDA (pembrolizumab) n’a pas de place dans cette situation.
Service Médical Rendu (SMR)
| Important |
Le service médical rendu par KEYTRUDA (pembrolizumab) 25 mg/ml, solution à diluer pour perfusion (voie IV), est important dans l’indication suivante : « en monothérapie en traitement néoadjuvant, poursuivi en traitement adjuvant en association à une radiothérapie avec ou sans cisplatine concomitant puis en monothérapie chez les patients adultes atteints d’un carcinome épidermoïde de la tête et du cou, à l’exception de l’hypopharynx, localement avancé résécable dont les tumeurs expriment PD-L1 avec un CPS ≥ 1 ». |
| Insuffisant |
Dans le reste du périmètre de l’AMM, le SMR est insuffisant pour justifier d’une prise en charge par la solidarité nationale. |
Amélioration du service médical rendu (ASMR)
| IV (mineur) |
Compte tenu :
la Commission de la transparence considère que KEYTRUDA (pembrolizumab), 25 mg/ml, solution à diluer pour perfusion (voie IV), en monothérapie en traitement néoadjuvant, poursuivi en traitement adjuvant en association à une radiothérapie avec ou sans cisplatine concomitant puis en monothérapie apporte une amélioration du service médical rendu mineure (ASMR IV) par rapport à l’association radiothérapie +/- cisplatine en traitement adjuvant chez les patients atteints d’un carcinome épidermoïde de la tête et du cou, à l’exception de l’hypopharynx, localement avancé résécable dont les tumeurs expriment PD-L1 avec un CPS ≥ 1. |
| Sans objet |
Dans le périmètre inclus dans l’AMM mais non retenu pour le remboursement : Sans objet. |
